Référentiels de composition chimique des terres cuites des faïences françaises

Avec les méthodes chimiques, la détermination des lieux de fabrication des céramiques archéologiques se fait en comparant les compositions élémentaires des terres cuites de céramiques dont on cherche à déterminer l’origine, à celles des terres cuites de céramiques dont l’origine est connue.

Quand les compositions apparaissent très semblables, elles s’interprètent en termes d’origine commune. Quand elles diffèrent, elles s’interprètent en termes d’origine étrangère. Ceci étant dit, il faut cependant se garder d’oublier que, de la mesure aux conclusions, il y a toujours une part d’interprétation à laquelle concourt un ensemble particulièrement complexe de raisonnements et de données chimiques et archéologiques [1].

Dans le cas des faïences françaises, la constitution de référentiels établis à partir de rebuts de fabrication provenant de divers sites de production a notamment permis la réattribution de plusieurs pièces de collection et l’identification de tessons archéologiques retrouvés sur des sites de consommation [2]. Ces résultats, qui intéressent toute étude de provenance – aussi appelée détermination d’origine – ont toutefois été inégalement publiés.

Avec l’aide des principaux acteurs de cette recherche, à savoir les laboratoires archéométrie-céramologie de Caen (CRAHAM/UMR 6273), archéométrie et archéologie de Lyon (UMR 5138), ainsi que le groupe de recherche archéométrie du département de Géosciences de l’Université de Fribourg, l’objectif est de rassembler et de diffuser les données acquises depuis les premières études des années 1990 afin de faciliter les recherches futures.

Bien que le détail de nombreuses données ne soit pas encore accessible, et malgré les précautions requises pour leur utilisation et pour leur interprétation, ce travail de mise en commun et de partage des informations est un premier pas encourageant pour de futurs développements.

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[1] PICON M. ET LE MIERE M., 1987. Étude des céramiques : géochimie. Dans : J.-C. MISKOVSKY, éd. 1987. Géologie de la préhistoire : méthodes, techniques, applications. Paris : Géopré, p. 883-901.

[2] Par exemple : ROSEN J., 2007. Ces faïences de Nevers qu’on dit « de La Rochelle ». Sèvres, revue de la Société des Amis du Musée national de Céramique, 16, p. 31-45; ROSEN J., 2009. La faïence de Nevers 1585-1900. Tome 1 : Histoires et techniques. Dijon : Éditions Faton. À propos des analyses de laboratoire, se reporter aux pages 65 à 73 et aux annexes 2 et 3; ROSEN J., PICON M. ET MAGGETTI M., 2009. Revisiting the origin of some French faïence through chemical analyses.  Dans : J.-F. MOREAU, R. AUGER, J. CHABOT ET A. HERZOG, éd. 2007. ISA 2006: Proceedings/Acts – 36th International Symposium on Archaeometry / 36e Symposium International d’Archéometrie. Cahiers d’archéologie du CELAT, 25.